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Harvey Spencer Lewis (1883-1939) : un rénovateur du Rosicrucianisme

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p  5. La rénovation du Rosicrucianisme

H. S. Lewis dans son bureau de la Voltive Company en 1912Il faudra à H. Spencer Lewis plusieurs années pour préparer la résurgence américaine de l’Ordre.  Pendant cette période, ses activités professionnelles évoluent, et à partir de 1912, il devient chef de publicité à l’American Voltive Company. Il écrit également quelques articles, comme « The Modern School of Science » (L’école moderne de la science), qui paraît en octobre 1912 dans l’American Philomathic Journal. Cette revue le présente comme l’ancien président du New York Institute for Psychical Research, « Lecturer, Columbia Scientific Academy, Metropolitan Institute of Sciences, and Vice-President, Psycho-Legal Society».

En mai 1913, il a la douleur de perdre son épouse, morte des suites d’une crise d’appendicite mal soignée. Il fut profondément affecté par cette disparition qui brisait sa vie familiale. Au cours de la même année, à la suite de circonstances qui restent mal connues, H. Spencer Lewis entre en relation avec Eugène Dupré, secrétaire du Temple d’Essénie, une loge martiniste installée en Égypte. Avant de s’établir au Caire, ce Martiniste parisien avait fréquenté les groupes dirigés par Papus. Dans une lettre datée du 23 juillet 1913, Eugène Dupré expédie à H. Spencer Lewis les rituels et certificats d’initiations nécessaires à la création d’une loge martiniste aux États-Unis. Il semble que l’arrivée de la guerre de 1914-1918 ait empêché l’aboutissement de ce projet.

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American Philomathic Journal, 1906En décembre 1913, H. Spencer Lewis confie aux membres du New York Institute for Psychical Research son intention d’établir l’Ordre de la Rose-Croix en Amérique en les invitant à se joindre à lui. Il lui faudra cependant attendre encore quelque temps pour voir ce projet aboutir. Après une période difficile, H. Spencer voit enfin poindre l’aurore. Au milieu de l’année 1914, il se remarie avec Martha Morfier, une jeune femme dont il avait fait la connaissance quelques mois plus tôt. Cette épouse compréhensive va le seconder discrètement dans son grand projet, celui de la restauration du Rosicrucianisme. Quelques mois plus tard, les choses se précisent en effet, et c’est à l’issue d’une réunion tenue le jeudi 1er avril 1915 que naît officiellement l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (AMORC) en Amérique. H. Spencer Lewis est élu à la tête de cet Ordre, qui, sous sa direction, connaît un développement rapide. Dans les mois qui suivent, on assiste à la naissance de loges rosicruciennes à New York, Pittsburgh, Philadelphie, Boston, Wilmerding, Altona, Rochester, Harlan, Detroit…

The American Rosea Crucis janvier 1916En janvier 1916, H. Spencer Lewis lance The American Rosae Crucis, un mensuel destiné aux Rosicruciens, consacré à la science, à la philosophie et à la religion. Jusqu’à sa mort, en 1939, il écrira régulièrement des articles sur la philosophie et la mystique rosicrucienne pour cette revue, qui, au cours du temps, changera plusieurs fois de nom pour devenir en 1929 The Rosicrucian Digest. Outre les articles qu’il écrira sur des thèmes en relation avec la spiritualité, H. Spencer Lewis y exprimera parfois ses opinions sur les différents acteurs du monde de l’ésotérisme. C’est ainsi que dès 1916, il critiquera sévèrement Aleister Crowley, qu’il présente comme un magicien noir n’ayant rien à voir avec le Rosicrucianisme, (American Rosae Crucis, octobre 1916, p. 22-23).

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p   6. H. Spencer Lewis franc-maçon

La Loge de New YorkL’AMORC regroupe des hommes et des femmes de tous horizons, et on y trouve des membres appartenant à la Société théosophique ou à diverses obédiences maçonniques. En 1917, H. Spencer Lewis reçoit l’initiation maçonnique aux grades d’apprenti et de compagnon à la Normal Lodge n° 523 de New York. Son affiliation maçonnique sera de courte durée, et il s’en détourne définitivement au bout de quelques mois. C’est tout naturellement qu’il prend cette décision, car l’Ordre de la Rose-Croix est alors en pleine extension. Déjà, depuis la fin de l’année 1916, il n’arrive plus à assumer ses activités professionnelles et décide de se consacrer exclusivement à la Rose-Croix. L’Ordre s’organise petit à petit, et pour faciliter le travail des Rosicruciens, H. Spencer Lewis écrit de nombreux textes destinés à l’enseignement des membres.

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p   7. Les relations internationales

À cette époque, l’Europe est en pleine guerre mondiale, et H. Spencer Lewis sait que les activités rosicruciennes ont été réduites à néant sur le Vieux Continent. Une fois la paix revenue, il tente à plusieurs reprises de reconstruire l’unité mondiale de la Rose-Croix en recherchant les Rosicruciens européens ayant survécu au conflit. En juin 1921, il entre en contact avec Theodor Reuss, qui vivait alors à Munich. Ce dernier, successeur de John Yarker pour le rite de Memphis-Misraïm et de l’Ordo Templi Orientis (O.T.O.), poursuit le même projet. Theodor Reuss présente l’O.T.O. comme un ordre descendant des Rose-Croix allemands du xviie siècle. H. Spencer Lewis, qui ignore tout de la nature exacte de l’O.T.O., semble le croire. Comment pourrait-il en effet mettre en doute la sincérité de celui qui se présente à la fois comme le successeur de John Yarker et le continuateur de Papus ?

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Theodor Reuss (1855-1923) Un projet de collaboration prend forme, et  Theodor Reuss offre au dirigeant de l’AMORC une charte lui conférant, à titre honorifique, les grades de 33e, 90e et 95e pour le rite de Memphis-Misraïm, et de VIIe pour l’O.T.O. Comme l’indique la charte rédigée pour la circonstance, H. Spencer Lewis est « a honorary member of our Sovereign Sanctuary for Switzerland, Germany, Austria and to represent our Sov3Sanctuary as Gage of Amity near the Supreme Council of the ApointM.O.R.C. at San Francisco (California) ». Il s’agit d’une charte purement honorifique, le nommant ambassadeur de l’O.T.O. auprès de l’AMORC pour la Californie. Précisons que H. Spencer Lewis ne sera alors initié ni dans le rite de Memphis-Misraïm ni dans l’O.T.O., et que jamais il ne participera à des tenues rituelles des ordres dirigés par Theodor Reuss.

Les relations entre le dirigeant de l’AMORC et celui de l’O.T.O. ne tiennent que quelques mois. En septembre 1921, se rendant compte que les idéaux et les projets de Theodor Reuss sont incompatibles avec ceux du Rosicrucianisme, H. Spencer Lewis rompt définitivement toute relation avec cet interlocuteur et son groupe.

 

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