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Au cours de l’année 1926, H. Spencer Lewis entre en relation avec plusieurs personnalités du monde de l’ésotérisme européen. Le premier d’entre eux est François Jollivet-Castelot, ancien compagnon de Papus et président de la Société alchimique de France. Ce personnage, qui publie depuis 1920 une revue consacrée à l’alchimie, intitulée La Rose-Croix, devient alors membre honoraire de l’AMORC. Par l’intermédiaire d’un musicien français installé aux États-Unis, Maurice Jacquet (1886-1954), H. Spencer Lewis entre aussi en contact avec les plus hautes autorités de la Franc-Maçonnerie française, en particulier avec Camille Savoire (1861-1951), Grand Commandeur du Grand Collège des rites du Grand Orient. Des relations amicales s’instaurent, et l’année suivante, lorsque l’Imperator de l’AMORC vient en France pour y rencontrer les Rosicruciens qui, sous sa direction, posent alors les bases de la rénovation du Rosicrucianisme dans ce pays, il est reçu chaleureusement par les autorités maçonniques parisiennes.
Camille Savoire invite H. Spencer Lewis à participer à une cérémonie exceptionnelle réunissant le 20 septembre 1926 les Francs-Maçons titulaires du 18e degré, celui de Rose-Croix. Comme le précise le bulletin du Grand Orient, au cours de la réunion, « le Très Illustre Frère Spencer Lewis, 33e, Imperator des R.C. des États-Unis à Tampa (Floride), est introduit au grand chapitre avec les honneurs dus à son rang. Reçu solennellement par le Grand Commandeur qui, dans des termes élevés, lui souhaite la bienvenue, le remercie de sa visite et le prie de prendre place à l’Est, où, par sa présence, il honorera cette importante tenue réunissant les représentants de tous les chapitres de la Fédération ». Précisons que c’est probablement à titre honorifique qu’on le qualifie alors de 33e, car il ne possède pas ce grade maçonnique.
Tandis qu’il est de retour aux États-unis, H. Spencer Lewis, esprit sans cesse en ébullition, entreprend de nouvelles activités. Il a en effet pour projet de créer une station de radio émettant des programmes spécifiques. Il ne veut pas faire une radio de propagande pour l’AMORC, mais un instrument consacré aux arts, à la culture et à la spiritualité en général. Dès 1903, il avait construit lui-même un appareil radio, et en novembre 1912, avait obtenu une licence d’opérateur. Il était donc en possession de tous les éléments permettant de mettre cette expérience au service de son idéal. La radio ne tarde pas à émettre, et en avril 1927, The Triangle, la revue de l’AMORC, fait référence aux activités radiophoniques de l’Ordre. Une fois de plus, H. Spencer Lewis fait preuve de créativité en introduisant un style nouveau, par exemple en faisant intervenir les auditeurs en direct par l’intermédiaire du téléphone, et avec d’autres innovations qui seront ensuite copiées par de nombreuses radios.
Depuis novembre 1927, l’AMORC a quitté la Floride pour s’installer à San Jose, en Californie. C’est le début des activités du Rosicrucian Park, dont l’architecture s’inspire du style de l’Égypte ancienne. Dès 1930, H. Spencer Lewis s’emploie à y faire bâtir un musée égyptien. Reconnu par le Conseil international des musées (ICOM) et par le Musée national égyptien du Caire, celui-ci reçoit encore aujourd’hui un public très nombreux et reste le plus grand musée égyptien de la côte ouest des États-Unis.
Au début des années 1930, l’Ordre de la Rose-Croix est devenu un mouvement très important. Son rénovateur, H. Spencer Lewis, est l’Imperator, le dirigeant d’une organisation mondiale. Il juge donc nécessaire d’établir un Conseil Suprême International, le World Council, composé de ceux qui dirigent l’Ordre dans les différentes parties du monde (France, Danemark, Hollande, Canada, Puerto Rico, Bolivie, Australie, Suède, Angleterre, Chine, Pologne…). Parmi ses membres, on remarque la présence du peintre russe Nicolas Roerich (1874-1947). Ce dernier était en effet Rosicrucien depuis 1929, époque où il fut proposé comme candidat au Prix Nobel de la paix. H. Spencer Lewis rapporte lui-même qu’il a rencontré cet artiste lors de l’inauguration du Roerich Museum de New York, en octobre 1929. Les deux hommes nouèrent des relations amicales, et c’est ainsi que Nicolas Roerich, nommé légat de l’AMORC, sera amené à remplir certaines missions pour l’Ordre. En 1934, lors d’un voyage en Chine et en mongolie pour trouver des plantes susceptibles de combattre la désertification de la prairie américaine, le peintre russe s’arrête à Kharbin pour y rencontrer les Rosicruciens. La presse locale relatera les activités rosicruciennes auxquelles il participa lors de ce séjour en Chine.
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