9 - Les philosophes et la Rose-Croix (1ère partie) par Christian Rebisse
René DescartesC'est dans la période qui précède la guerre de Trente Ans que René Descartes (1596-1650) s'intéresse à la Rose-Croix. En 1617, il s'engage dans l'armée, et cette carrière le conduit en Hollande et en Allemagne. Pendant ces voyages, il entre en relation avec Johan Faulhabert, un brillant mathématicien qui s'intéresse à l'astrologie, à la kabbale et à l'alchimie. Il avait été l'un des premiers à publier dès 1615 un livre dédié à la Rose-Croix : "Mystère arithmétique, ou découverte cabalistique et philosophique, nouvelle, admirable et élevée, selon laquelle les nombres sont calculés rationnellement et méthodiquement. Dédié avec humilité et sincérité aux Illustres et célèbres Frères de la Rose-Croix"(1).René Descartes se lie aussi avec Isaac Beeckman, médecin, philosophe et mathématicien. Sa correspondance avec ce dernier révèle qu'il s'intéresse alors aux sciences occultes, en particulier à Cornelius Agrippa et à Raymond Lulle (avril 1619). C'est probablement par ces deux hommes qu'il prend connaissance des Manifestes rosicruciens. Son biographe, A. Baillet, nous dit qu'on lui fit alors l'éloge des connaissances extraordinaires détenues par une confrérie de savants établie en Allemagne depuis quelque temps sous le nom de Frères de la Rose-Croix. "Il sentit naître en lui-même les mouvements d'une émulation dont il fut d'autant plus touché pour ces Rose-Croix, que la nouvelle lui en était venue dans le temps de son plus grand embarras touchant les moyens qu'il devait prendre pour la recherche de la Vérité"(2). Intrigué, il décide de partir à leur recherche. En mars 1619, il part donc pour la Bohême, où il arrive en août. Il assiste alors au couronnement de Ferdinand de Styrie à Francfort(3). Certains historiens pensent qu'il profita de son passage pour se rendre au château d'Heidelberg. D'ailleurs, plusieurs passages de son "Traité de l'Homme" et des "Experimenta" semblent évoquer les automates construits par Salomon de Caus dans les jardins de ce château. Ce lieu jouissait d'une telle renommée que tout intellectuel se devait d'y passer, ce qui fut probablement le cas de notre philosophe. De plus, comme l'a souligné Frances Yates, l'intérêt porté par René Descartes pour la cour d'Heidelberg vers la fin de sa vie laisse penser qu'il en connut la gloire passée, et incite à s'interroger sur ce que furent ses relations réelles avec ce haut lieu du rosicrucianisme(4). Les trois songesA cette période, René Descartes est en pleine quête de connaissance. Il vient de découvrir deux des trois problèmes mathématiques qu'aucun savant depuis l'Antiquité n'avait réussi à résoudre, à savoir la duplication du cube et la trissection de langle. En mars 1619, il annonce à son ami Isaac Beeckman qu'il travaille à fonder "une science toute nouvelle [...] une méthode universelle qui va au-delà des mathématiques" et permet de résoudre toutes sortes de questions. Il ressent une exaltante jubilation de l'esprit, tout heureux qu'il est d'avoir trouvé les fondements d'une science admirable. Il passe la journée du 9 novembre à méditer sur l'objet de sa quête. C'est alors que dans la nuit, près d'Ulm, il fait trois songes qui vont bouleverser son existence. Dans le premier, il est poussé par un vent impétueux vers un mystérieux collège où il rencontre un homme qui lui donne un melon. Il se réveille et, craignant que ce rêve ne soit l'uvre d'un mauvais génie, fait une prière. A peine se rendort-il qu'il fait un deuxième songe, suivi d'un troisième. Dans ces songes, on lui présente un dictionnaire et un recueil de poésies où la philosophie est jointe à la sagesse. En consultant ce recueil, il tombe sur ces mots : "Quel chemin suivrai-je dans la vie ?".L'interprétation de ces trois songes a suscité de nombreux commentaires. Comme l'ont constaté plusieurs auteurs, les événements qu'il vécut au cours de ces songes ressemblent à plusieurs épisodes relatés dans "Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz"(5). René Descartes a conscience d'avoir vécu une expérience fondamentale et tente aussitôt de l'analyser. Il juge ces songes si importants qu'il les retranscrit dans un recueil qu'il intitule "Olympica". Cette expérience lui apporte la confirmation qu'il est sur la bonne voie et que les mathématiques sont une clé essentielle pour comprendre les mystères de la Création. Pour celle qui fut la collaboratrice de C. G. Jung, Marie-Louise von Franz, l'illumination vécue par Descartes peut être considérée comme une irruption de l'inconscient collectif l'ayant conduit à une compréhension intuitive des archétypes véhiculés par les nombres(6). Descartes dira lui-même qu'il s'agit là de "laffaire la plus importante de ma vie", et jusqu'à sa mort, il gardera toujours ce texte sur lui. Quatre ans plus tard, en 1623, il est de retour à Paris. C'est alors que son nom se trouve associé à la Rose-Croix. Les affiches à ParisEn effet, en cette même année, une affiche placardée sur les murs de Paris annonce la présence "visible et invisible" des Rose-Croix. Gabriel Naudé, dans son Instruction à la France sur la Vérité de l'Histoire des Frères de la Roze-Croix (1623), a reproduit ce texte qui précise :
Cette affiche est bientôt suivie d'une seconde, qui précise :
Ces affiches auront un retentissement considérable. Gabriel Naudé parle "d'un ouragan soufflant sur toute la France à l'annonce de l'arrivée de la mystérieuse fraternité venue d'Allemagne". Rapidement, des pamphlets attaquant les Rose-Croix circulent. On prétend que l'Ordre a envoyé trente-six députés dans le monde et que six d'entre eux sont à Paris, mais qu'on ne peut communiquer avec eux que par la pensée. On les qualifie ironiquement d'"Invisibles" et on évoque les Effroyables pactations faites entre le diable et les prétendus Invisibles (1623). Par la suite, Gabriel Naudé se montrera cependant plus conciliant avec l'ésotérisme dans son Apologie pour tous les grands personnages qui ont été faussement soupçonnés de magie(8). Le fait que l'apparition des affiches coïncide avec le retour de Descartes suffit à faire fonctionner l'imagination de quelques Parisiens. Dans la capitale, on fait courir le bruit que René Descartes s'est enrôlé dans la confrérie, voire qu'il est à l'origine des mystérieuses affiches. Pour couper court à la rumeur, le philosophe convoque ses amis pour leur montrer qu'il n'est pas "invisible" et qu'il n'a rien à voir avec tout cela. Il indique qu'il a effectivement recherché les Rose-Croix en Allemagne, mais qu'il n'en a pas rencontré. Disait-il la vérité ou cherchait-il à se protéger ? Quoi qu'il en soit, la situation était telle que s'il a rencontré des Rosicruciens, ce qui semble probable, il nen aura rien dit.En effet, à cette époque, la France n'est guère accueillante à l'égard de la Rose-Croix. Frances Yates parle à ce propos de "la terreur rosicrucienne" qui règne alors dans ce pays(9). L'Église y voit un complot protestant et fait de l'Ordre une société diabolique. L'année même de l'affaire des affiches, un ami de René Descartes, l'abbé Mersenne (1588-1648), philosophe et savant, s'oppose violemment au rosicrucianisme. Il publie Questiones celeberrimæ in genesim , où il réfute la philosophie hermétique et la kabbale de la Renaissance, ainsi que leurs divers représentants. Il s'en prend particulièrement au Rosicrucien anglais Robert Fludd. En fait, Mersenne a peur de ce qu'il ne connaît pas, et sa compréhension de l'ésotérisme est caricaturale. Il imagine la France envahie par des sorciers invisibles diffusant partout des doctrines perverses. L'un des plus proches amis de Mersenne, le philosophe et mathématicien Pierre Gassendi, s'en prend aussi à Robert Fludd. A la même époque, François Garasse publie La Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps (1623), où il condamne la "secte des Rose-Croix et son secrétaire Michael Maier". Quant à la Faculté de théologie de Paris, elle allait bientôt censurer officiellement l'Amphitheatrum Sapientiæ Aeternæ d'Heinrich Khunrath (en 1625). Polybe le CosmopoliteDans l'étude qu'elle a consacrée aux songes de Descartes, Sophie Jama est revenue sur cet épisode de la vie du philosophe(10). A ce titre, elle s'interroge sur un texte de jeunesse de Descartes qui n'a jamais été publié : le "Trésor mathématique de Polybe le Cosmopolite". René Descartes y propose de résoudre toutes les difficultés des mathématiques, et indique que cet ouvrage est offert "aux érudits du monde entier, et spécialement aux F.R.C., [Frères Rose-Croix], très célèbres en G. [Germanie]"(11). A la manière des penseurs du XVIIe siècle qui répondirent à l'appel des Manifestes rosicruciens en publiant un livre, Sophie Jama pense que René Descartes avait sans doute le même projet. Cependant, les événements dramatiques qui suivirent la bataille de la Montagne Blanche en Bohême, le sectarisme qui régnait dans une France gagnée à la contre-réforme, l'incitèrent sans doute à renoncer à ce projet. Ajoutons que le propos de ce texte ressemble à celui que dédia aussi aux Rose-Croix son ami Johan Faulhabert, avec son livre "Mystère arithmétique ".Même si René Descartes nia avoir rencontré des Rose-Croix, on peut s'interroger sur son adhésion aux idées rosicruciennes. En confrontant les idées fortes des Manifestes rosicruciens, les "Olympica" et les autres textes de Descartes, Sophie Jama a montré dans son livre que loin d'avoir été un épisode marginal dans la vie du philosophe, les idées rosicruciennes ont contribué à féconder la pensée du philosophe. Elle va même jusqu'à suggérer que si René Descartes n'a pas rencontré de Rosicruciens en Allemagne, il pourrait avoir rencontré la Rose-Croix à travers une expérience visionnaire, celle qu'il vécut dans ses trois songes. La HollandeRené Descartes n'aime pas l'agitation qui règne en France. En 1628, il s'installe aux Pays-Bas, près de Leyde, pour travailler dans le calme et se consacrer totalement à ses recherches. Certains éléments historiques montrent que le rosicrucianisme s'est rapidement répandu dans ce pays(12). Comme nous l'avons vu dans larticle précédent, c'est là que Frédéric V se réfugia après la bataille de la Montagne Blanche (1620). Dès 1615, la "Fama Fraternitatis" avait été traduite en néerlandais : "Fama Fraternitatis Oft Ontderckinge van de Broederschap des loflijcken Ordens des Roosen-Cruyces (Gedruckt na de Copye van Jan Berner, Franckfort, Anno 1615)". Cette traduction comporte une lettre dans laquelle Andreas Hoberveschel von Hobernfeld demande son admission dans l'Ordre de la Rose-Croix. Cet homme, originaire de Prague, suivit Frédéric V dans son exil à La Haye. La présence de la Rose-Croix en Hollande nous est également connue par une lettre du peintre d'Anvers Paul Rubens, adressée à Nicolas-Claude Fabri de Peiresc. Dans ce courrier, daté du 10 août 1623, il rapporte que la Rose-Croix est active depuis plusieurs années à Amsterdam. Cependant, cette information, ainsi que celle d'Orvius qui indique que l'Ordre possède un palais à La Haye, sont trop imprécises pour connaître le développement réel du rosicrucianisme aux Pays-Bas(13).Quoi qu'il en soit, une correspondance de janvier 1624 entre différentes personnalités de la Cour de justice dénonce l'existence d'un cercle rosicrucien à Haarlem. Les théologiens de Leyde se plaignent en effet de la présence d'un Ordre contestant l'intégrité de l'Église. Ils pensent qu'il pourrait devenir la cause de troubles politiques et religieux (14). L'année suivante, en juin, les magistrats ordonnent une enquête. Hof van Holland demande aux théologiens de Leyde de procéder à une analyse de la "Fama Fraternitatis" et de la "Confessio Fraternitatis". Leur étude donne lieu à un rapport intitulé "Judicium Facultatis Theologicæ in Academia Leydensi de secta Fraternitatis Roseæ Crucis", texte qui allait conduire les magistrats à pourchasser les Rose-Croix.Un peintre pratiquant l'alchimie, Johannes Symonsz Torrentius (dit van der Beeck) est rapidement présenté comme le leader des Rosicruciens hollandais(15). Il est arrêté le 30 août 1627 avec son ami Christiaen Coppens. Pendant un procès qui dure cinq ans, le peintre subit de pénibles interrogatoires. Malgré les supplices, il nie appartenir à la Rose-Croix. Il est pourtant condamné au bûcher, peine qui est rapidement transformée en vingt ans d'emprisonnement. Heureusement pour lui, il ne reste enfermé que quelques années. Grâce à l'aide d'amis peintres et à l'intervention de Charles Ier roi d'Angleterre, il est libéré en 1630 et part s'installer à Londres(16). Au cour de la même année, Petrus Mormius publie à Leyde son "Arcanes très secrètes de toute la nature dévoilée par le collège rosarien"(17), un livre qui évoque la création d'un mouvement rosicrucien fondé par un français originaire du Dauphiné, Frédéric Rose (nous aurons l'occasion de revenir bientôt sur ce point). La tentation alchimiqueL'Église catholique se livre à cette époque à une véritable chasse aux sorcières. En 1610, après un procès interminable, Giordano Bruno est brûlé vif à Rome. Bientôt, c'est Galilée qui sera poursuivi. Lorsque René Descartes apprend la condamnation de ce dernier en 1633, il envisage de détruire son "Monde", traité de cosmologie qui fait référence à l'héliocentrisme. Il convient d'être prudent. Aussi, dans son "Discours de la méthode", qu'il termine en 1637, Descartes préfère condamner "les mauvaises doctrines", celles des alchimistes, des astrologues et des magiciens (18). Dans une correspondance de juillet 1640 avec son ami Mersenne (19), il critique l'alchimie et son langage ésotérique. Il remet en cause le principe des trois éléments : soufre, sel et mercure. Cependant, ses lettres montrent qu'il s'intéresse à l'alchimie et qu'il en connaît les principes. Son intérêt pour cette science semble s'être prolongé pendant plusieurs années. Sur ce point, Jean-François Maillard souligne un fait rarement signalé. Il rapporte en effet que vers 1640, René Descartes s'est lui-même adonné à l'alchimie dans le laboratoire de son ami Cornelis van Hogelande(20). A ce propos, il parle d'une tentation, non pas conjurée par la raison, mais avortée. En effet, l'attention de l'auteur de la "Méthode" fut mobilisée par d'autres sciences comme les mathématiques, la géométrie, la météorologie, la médecine ou l'optique. Il faut cependant souligner que malgré son intérêt pour lalchimie, René Descartes séloigne de l'ésotérisme de son époque. En effet, il en rejette la pensée par analogie, la théorie des correspondances et le principe du symbolisme. Pour lui, seules des idées claires et distinctes, où tous les concepts peuvent être entièrement analysables, peuvent conduire à une "connaissance vraie". Ce sont les vérités mathématiques, innées en l'homme, qui peuvent lui permettre de comprendre le monde. Il pense d'ailleurs que s'il peut appréhender les idées de perfection et d'infini, c'est parce que Dieu a mis en l'homme sa propre marque. Par ailleurs, Descartes rejette les causes finales, car il refuse toute tentative de compréhension de la destination de la Création et des êtres. S'il "fonde sa physique sur la métaphysique", cest parce quil considère que les vérités mathématiques innées en notre âme permettent dexpliquer le monde naturel par la physique et de rendre l'homme "maître et possesseur de la nature". Ce monde naturel, Descartes l'épure de ses qualités occultes et le considère comme une succession de volumes géométriques articulés selon le modèle des automates, des volumes mesurables et conçus grâce à la certitude des vérités mathématiques. Certes, cette conception mécaniste de la Création est différente de celle d'un Paracelse qui voit dans la Nature la clé de tout ce qui existe et une réalité vivante avec laquelle l'homme doit entrer en dialogue. Cela dit, sa démarche a permis de sortir toute une époque d'un obscurantisme tortueux pour la conduire vers une connaissance scientifique résolument moderne, dégagée de dangereux préjugés et de superstitions extravagantes.On peut noter cependant que certains aspects de la pensée de Descartes rejoignent le rosicrucianisme. Son rejet des spéculations stériles et son aspiration à "des connaissances qui soient fort utiles à la vie" rappellent des points fondamentaux de la "Fama Fraternitatis" et de la "Confessio Fraternitatis". Serge Hutin indique : "quant au "doute méthodique", à l'accent mis sur l'expérience, à la nécessité de lutter contre les superstitions, ces points de vue s'insèrent fort bien dans les perspectives générales du rosicrucianisme"(21). Il faut signaler aussi que sur plusieurs points, notamment sur le rôle complémentaire de l'intuition et de la déduction, ou sur la fonction de la glande pinéale(22), la pensée de Descartes est assez proche des théories du rosicrucianisme moderne. Si René Descartes ne fut pas un Rose-Croix au sens fort du terme, on peut néanmoins le considérer comme rosicrucien dans la mesure où, à un moment donné de son existence, il s'intéressa à la Rose-Croix. Cet intérêt doit être pris en considération dans le processus de maturation qui l'a conduit à élaborer son système philosophique.Curieusement, à la fin de sa vie, René Descartes chercha à se rapprocher de la princesse Élisabeth, la fille du malheureux roi Frédéric V, le protecteur des Rosicruciens. Cette dernière était en effet devenue l'une de ses disciples. Le philosophe lui dédia d'ailleurs ses "Principia" (1644) et son "Traité des Passions de l'âme". Après le Traité de Westphalie (1648), qui marque la fin de la guerre de Trente Ans, la princesse retrouva ses terres en Bohême et invita Descartes à s'installer près d'elle. Malheureusement, ce projet ne se réalisa pas, car le philosophe trouva la mort au cours d'une visite à la cour de Suède, suite à l'invitation de la reine Christine en février 1650. Extrait de la revue Rose+Croix n° 197 - printemps 2001 © Depuis 2003, ce texte a été publié dans un livre dont il constitue l'un des chapitres : (1) "Mysterium arithmeticum sive
cabalistica et philosophica Inventio
", Ulmens, 1615, In-4°,
de Johan Faulhabert (1580-1635), célèbre pour ses connaissances
mathématiques. Paul Arnold se trompe lorsqu'il précise
dans "Histoire des Rose-Croix", (Paris, 1955, Mercure de
France), que rien n'indique que Faulhabert ait eu connaissance de l'existence
de la Rose-Croix. |
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