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Son effort ne demeura pas vain, comme le précise Pierre Jullian, « dans l'ensemble, les symbolistes, en dépit de quelques différences de métier, ne s'écartèrent pas trop des édits de Péladan : point d'anecdotes, de natures mortes, de paysages pittoresques ; mais la peinture religieuse fut entièrement renouvelée » (9). Curieusement, en 1898, année qui suivit le dernier salon rosicrucien, le mouvement symboliste commença à décliner.
J. Péladan avait chargé Jean Delville de poursuivre son oeuvre esthétique en Belgique et il y eut à Bruxelles une sorte de suite aux salons de la Rose-Croix : Le salon d'art idéaliste. Les symbolistes étaient très actifs dans ce pays et J. Péladan eut souvent l'occasion de s'y rendre pour donner des conférences. Il entretenait des relation étroites avec le cercle artistique Pour l'Art, animé par Jean Delville, de même qu'avec le Mouvement littéraire de Raymond Nyst, qui était le Consul du Sâr à Bruxelles.
En France, la revue Entretiens Idéalistes, fondée fin 1906 par Paul Vulliaud, admirateur de J. Péladan, tentera en 1907 de donner une suite aux Salons en créant l'Exposition des peintres et sculpteurs idéalistes. De cette tentative sans lendemain naquit la Confrérie de la Rosace, fondée en mars 1908 par le Frère Angel, qui oeuvra dans le même esprit que J. Péladan mais avec des moyens très modestes. J. Péladan ne s'intéressa pas à ce groupe qui ne rassembla guère plus de quatre disciples. Cette confrérie organisa une première exposition en mai 1909, une deuxième en mai 1911 et une troisième en octobre 1912, puis cessa d'exister.
Après les Salons de la Rose-Croix, Joséphin Péladan continue ses conférences sur l'art, en France et en Europe. Il se consacre aussi à l'écriture. L'ensemble de son œuvre ne comporte pas moins de quatre-vingt-dix volumes incluant, romans, pièces de théâtre (10), études sur l'art ou l'ésotérisme.
Il est aussi l'auteur d'une multitude d'articles pour des revues artistiques. Trois de ses ouvrages seront couronnés par l'Académie Française et en 1917, à une voix près, il faillit succéder à Octave Mirebeau à l'Académie Goncourt. Paul Verlaine lui trouvait un talent considérable et Anatole France voyait en lui un écrivain de race. D'autres comme Alfred Jarry, Paul Valéry, André Breton, Raymond Queneau, Montherlant ou Kandinsky appréciaient son oeuvre. Oublié du grand public, le Sâr Mérodack Péladan était devenu plus modeste. Lorsqu'Alexandra David-Neel le rencontra plus tard au Mercure de France, il n'était plus question de Sâr, mais simplement de Monsieur Joséphin Péladan. Il continua son activité littéraire jusqu'à sa mort le 27 juin 1918.
Parmi les oeuvres de Joséphin Péladan (Collection de la Bibliothèque de l'A.M.O.R.C. au Château d'Omonville) :



Notes :
9. Pierre Jullian, Les Symbolistes, Paris 1973, p. 47.
10. Sa pièce Oedipe et le Sphinx, fut créée au théâtre antique d'Orange le 1er août 1903 et l'année suivante au même endroit on donna Sémiramis, avec le concours d'acteurs de la Comédie Française, comme Madame Segond-Weber.
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