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La question du mois - octobre 2009

par Serge Toussaint, Grand Maître de la juridiction francophone de l'A.M.O.R.C.

 

>  10. Quel est le but de la réincarnation ?

« À travers cette rubrique, je vous propose de traiter chaque mois une question philosophique particulière. Selon le cas, celle-ci peut concerner un sujet purement mystique ou un problème de société. Naturellement, la réponse apportée n’a rien de dogmatique ou de sectaire, de sorte que chacun est entièrement libre d’y adhérer ou non. Dans cet ordre d’idée, je vous invite à réagir et à écrire votre point de vue. »  Serge Toussaint  [Lire l'intégralité du texte de présentation de cette rubrique]

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  • Texte de Serge Toussaint
  • Commentaires des internautes

Quel est le but de la réincarnation ?

Tout d’abord, il est important de préciser que la réincarnation n’est pas un dogme dans l’A.M.O.R.C., ce qui explique que certains de ses membres, rares il est vrai, n’y adhèrent pas. Au regard des enseignements rosicruciens, le but de tout être humain est d’évoluer graduellement vers la perfection de l’âme divine qui l’anime, et d’en venir à manifester les vertus qui lui sont propres, telles la patience, la tolérance, l’altruisme, la bienveillance, etc. D’un point de vue logique, un tel but ne peut pas être atteint en une seule vie, d’où la nécessité de se réincarner. Cela suppose que tout individu a vécu sur Terre plusieurs fois et qu’il se réincarnera à nouveau, jusqu’à ce qu’il soit devenu parfait dans son comportement et puisse être considéré véritablement comme un sage. Ainsi, d’incarnation en incarnation, nous avons connu nombre d’individus et changé de famille, de pays, de métier, de religion, etc. Pour la plupart des orientaux, la réincarnation est une évidence et fait partie de leur culture. En occident, cette doctrine est beaucoup moins répandue, notamment parce qu’elle ne fait pas partie de la tradition judéo-chrétienne. Cela dit, de plus en plus d’occidentaux s’y intéressent et même y adhèrent.

Tout comme il est impossible de prouver l’existence de Dieu ou de l’âme, on ne peut donner aucune preuve objective de la réincarnation. Il en est d’ailleurs de même pour tout ce qui concerne le monde spirituel, car celui-ci appartient au domaine de la métaphysique, lequel transcende nos facultés sensorielles et nos processus mentaux habituels. Cela dit, ne pas pouvoir prouver l’existence d’une loi, qu’elle soit d’ailleurs physique ou métaphysique, ne permet en aucun cas d’affirmer qu’elle n’existe pas. Par ailleurs, le fait de ne pas nous souvenir spontanément de nos incarnations passées ne veut pas dire que nous ne nous sommes jamais réincarnés. À titre de comparaison, nous sommes incapables de nous rappeler tout ce que nous avons fait durant cette vie-ci, depuis l’instant de notre naissance. Pourtant, nous l’avons bel et bien vécu. En outre, qui n’a jamais eu le sentiment d’avoir habité tel ou tel pays, d’avoir exercé tel ou tel métier, d’avoir suivi telle ou telle religion, d’avoir connu telle ou telle personne ? Certes, de telles impressions ne constituent pas des preuves tangibles de la réincarnation, mais elles sont suffisamment significatives pour qu’on leur prête attention.

S’il est vrai que l’on ne peut prouver la réincarnation de façon irréfutable, il existe néanmoins des faits troublants qui “plaident” en sa faveur. Ainsi, on a répertorié de nombreux enfants qui ont décrit à leurs parents la maison ou la ville qu’ils habitaient « dans leur vie d’avant ». Après vérification, les lieux décrits par eux correspondaient tout à fait à la réalité. D’autres ont parlé dès leur plus jeune âge une langue étrangère à celle de leur milieu familial, parfois même une langue “morte”. À titre d’exemple, il est arrivé qu’un enfant né dans une famille anglaise mélange des mots grecs et anglais durant son apprentissage du langage. Que dire également des enfants capables de grandes prouesses intellectuelles, artistiques ou autres dès les premières années de leur vie ? Pour prendre l’un des cas les plus connus, Mozart, dès l’âge de 4 ans, était capable d’exécuter correctement une sonate. D’une manière générale, comment expliquer la grande différence de maturité que l’on constate, non seulement entre les enfants, mais également entre les adultes ? Quoi qu’il en soit, on ne peut convaincre quiconque de la réincarnation. On ne doit même pas chercher à le faire. Il s’agit avant tout d’une question de conviction personnelle, fondée sur ce que l’on ressent lorsque l’on s’interroge sur soi-même et sur le but de l’existence humaine.

Serge Toussaint

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(7) Commentaires

(7) Anonyme, le 20/10/2009 :

Si le tout est comme un livre fermé, l'évolution serait le récit non-linéaire, la lecture dynamique de l'immuable... Même à notre échelle, nouveauté et conservation peuvent être vues comme indissociables, voir comme une seule et même chose, ...ainsi que présent et mémoire, évolution et révolution, et comme connaissance et oubli, groupe et individu...

La loi est discipline vivante, qui s'observe et se pratique donc, dans l'exercice renouvelé de l'amour, tel un art initiatique totale, sur un terrain multidimensionnel, "abstrait" ou non ...

Le mouvement est perpétuel car lui même se perpétue et la volonté consciente, foi de raison, à peut être comme destinée semi-intemporelle, comme responsabilité naturelle d'être l'égale, voir le levain des grandes forces physiques...

Si le cycle de transformation de la substance tend à la plus juste synthèse entres ses proportions, les différents va et vient de l'âme semblent pousser entre autres choses à ajuster entre eux, entrelacer et fondre, outre tous les antipodes possibles , complexité et simplicité en un seule et même concept magnifié, en une forme épurée donc. Une vertu parait déjà, à la fois un idéal subtil et un comportement, à la fois un sentiment et un principe. Les existences individualisées seraient les passages obligés, voies entre elles reliées par lesquelles l'esprit concordant s'active, se vivifie et circule...

D'une certaine façon même la pensée doit prendre forme, s'individualiser en idées, en songes ou en mots pour être communiquée, déjà ne serait-ce qu'à notre propre cerveau..., ceci approfondi nous éclairerait-il sur la nature même du lien affectif entre les êtres ?

Il me vient à l'esprit qu'effectivement la panacée de la matière c'est l'esprit et que peut être la suprême humilité de l'esprit serait la matière...que la contrainte révèle la liberté et que la forme est le support de la création... que le but de l'indivisible dualité et de l'idée entité ne semble pas être la dissociation pour la division mais bien la purification pour l'intégration, l'assimilation...

Le but "finale" de ces imbrications de cycles géants est la poursuite même du mystère, un renouveau indépendant de la notion de durée ,une perfection indépendante de la notion d'évolution temporel ,ou plutôt une perfectibilité illimité, l'inconnu... même à notre échelle on travaille pour le travail, en passant par la contemplation, on joue pour jouer, en passant par le but...

Chaleureuses salutations et merci encore à tous !


(6) Michel C., Arles sur Tech, le 18/10/2009

Bonjour,

Réincarnation, d'accord ; mais qu'est-ce donc qui, de nous, s'incarne ? Si, d'aventure, nous prenons la patience de décortiquer le subtil de l'épais, il ne reste à vrai dire pas grand chose. Si je déduis le ronchon, le bon vivant, le timide, le poète, l'artiste, l'orgueilleux, l'avare, le fou, le sage, l'éternel fatigué, l'éternel agité, l'alcoolique, le fumeur... il ne reste qu'un coeur qui bat et une conscience. Poussant plus avant nos investigations nous déduisons encore les cinq sens, laissons le mental sur "la touch", et là... le vide.

Que reste-t-il du temps passé ? D'éphémères souvenirs. Une voix, des visages, un mot, un vécu, un souffle de vie qui vient et s'envole... vers l'infini ?

Le Moi s'évapore et ne subsiste. Rien de ce qui a été, ou est, ne sera jamais. En ce vide quasi-total, à la lisière même de l'inconscient, un état particulier nous interpelle cependant. Un état de permanence au-delà de notre objectivité.

Je sais ! Je sais que j'existe au centre d'une mystérieuse alchimie entre le ''ciel" et la ''terre'', dans l'union harmonieuse du Feu, de l' Air, de l'Eau, de la Terre.

Pour l'âme, notre personnalité actuelle n'est que, disons, un ordinateur qui enregistre les informations utiles...non pour elle-même mais, en fait, pour l'ensemble de l'humanité. Sa nature est constituée non d'une seule existence, mais de la somme de ces existences. Chaque vie augmente le potentiel de sa personnalité (préférons : sa vibration) en son pèlerinage vers la fusion dans l'absolu.

L'âme personnalité n'est donc qu'un atome parmi d'autres atomes constituant le corps spirituel de l'Humanité. Si certaines âmes, ou atomes d'âmes, ne se sont jamais incarnés, d'autres ont vécu plusieurs vies, et d'autres encore ne font que commencer.

L'univers, de flux en reflux, n'a certainement ni commencement ni fin: il est absolument infini - imprégné de vie...et d'Intelligence. La vie peut s'exprimer partout où les conditions chimiques sont remplies. La matière est, en fait, le support d'expression de l'Intelligence. L'âme est un attribut de L'Intelligence.

Le but de la réincarnation est, à mon humble avis, la spiritualisation de la matière. Nous contribuons individuellement à cette spiritualisation à partir du moment où nous prenons conscience d'une manière illuminative du corps collectif de l'Humanité. Chaque incarnation amène son lot d'expériences et de vécu. L'expérience elle-même peut-être comparée à la rosée sur les pétales de la fleur. Chaque larme de rosée étant une expérience acquise, lorsque la coupe intérieure en sera remplie, la roue des incarnations, pour notre personnalité animique, s'arrêtera de tourner. Les racines sont nos peurs nous liant au passé ; l'épine, l'expérience de l'ici et maintenant ; la rosée, la connaissance issue de l'expérience ; la rose, la signature de l'absolu.


(5) Mikaël, de Rennes, le 12/10/2009 :

La question de la réincarnation se pose en réponse à une angoisse bien naturelle qui est celle du mystère de l'après vie. En effet, à quel esprit ne s'est-il pas présenté cette question de la mort et d'un éventuel "après"? Notre conscience perdure t-elle, ou bien le néant referme t-il sur nous à tout jamais ses doigts vides d'existence. Ce qui a été peut-il seulement ne plus être?

De mon point de vue, nous sommes sur Terre pour évoluer, apprendre, progresser, augmenter notre taux vibratoire jusqu'à se réintégrer dans le Tout. Cette évolution est lente et progressive, et ne peut se faire en une seule vie, d'où la nécessité de revenir sur ce plan afin de vivre des expériences qui, au fur à mesure de leur assimilation, et ainsi d'une conscience de plus en plus étendue, nous mènent sur le chemin de la réintégration.

Qu'on le veuille ou non, nous sommes appelés à progresser, parce que la Nature nous pousse toujours en avant, et tire avec elle les paresseux qui ne veulent pas travailler à leur progression. Cela nous ramène à la question du bien et du mal. Peut-on considérer comme le mal un chien de berger qui guide le troupeau en lui mordillant les pattes de temps à autre? Si surmonter les épreuves permet d'évoluer, je pense que le mal n'existe pas dans sa conception communément admise, qu'il s'agit d'une sorte de "bien négatif". Mais là n'est pas directement le thème traité, bien que Tout soit dans tout et réciproquement.

Si nous sommes venus dans la matière, en mangeant le "fruit" coagula, peut-être est-ce pour explorer toute la création, la connaître de son plan le plus dense à sa pureté la plus élevée. La "chute" est la descente dans la matière, et à présent il nous faut nous développer spirituellement, pour nous réintégrer dans l'Un. Matérialiser l'esprit et spiritualiser la matière... Le but de la vie n'est-il pas de réaliser la lettre Aleph, de se faire l'intermédiaire entre le Ciel et la Terre? Ainsi le corps physique nous permet-il d'agir dans le milieu terrestre, de nous y mouvoir comme un scaphandre permet d'évoluer en milieu aqueux (je ne traiterai pas ici de ma vision de la théorie des corps). On y entre progressivement pendant la gestation maternelle, afin de vivre de nouvelles expériences pour en tirer des leçons.

Part ailleurs, la notion de karma est inhérente à celle de la réincarnation. Notre vie présente est fonction des causes que nous avons semées antérieurement, et aujourd'hui nous en récoltons les fruits, qu'ils soient beaux et d'un goût agréables, ou amers... Comme vous avez semé vous récolterez; la loi universelle de causes à effets est ici à rappeler tant son importance est capitale. Chaque cause que l'on crée porte en son sein les conséquences qui viendront tôt ou tard nous caresser ou nous gifler...

Quoi qu'il en soit, chacun doit se faire sa propre opinion, mais tenter de se développer spirituellement n'est-il pas une attitude raisonnable, que ça soit pour améliorer sa vie sur Terre dans le respect des autres, ou par conviction d'un plus haut degré d'évolution dans l'après vie? A chacun de voir, mais n'oublions pas que tout est lié, et qu'une bonne action, même si le résultat n'est pas forcément apparent, porte des fruits. Amicalement Mikaël.


(4) Raymond de Genève, le 08/10/09 :

La croyance en la Réincarnation existait déjà du temps des Egyptiens, des Summériens, aux Indes et en Chine. C'est une école de la Vie, nous devons faire face petit à petit et au fur et à mesure que nous sommes préparés par nos vies antérieures à faire face à des problèmes de plus en plus compliqués. Le but final ne devrait-il pas d'être de mener à bien la tâche qui nous a été attibuée au début des temps, peu importe le nombre de réincarnations dont nous aurons besoin pour être prêt pour y faire face.


(3) Katia (Moselle), le 5/10/2009 :

Je pense que la réincarnation permet d’éveiller la conscience de l’homme et de lui apprendre la différence entre le bien et le mal, de le former en quelque sorte.

Chaque esprit qui s’incarne sur la Terre y vient en apprentissage ce qui va lui permettre d’acquérir des connaissances et aussi des points essentiels comme l’amour, la fraternité, le partage... Rien n'est fait au hasard dans ce monde, tout ce qui existe à un sens, une raison d'être. Donc si nous sommes incarnés dans un corps, c'est qu'il y a une ou des raisons, un but à atteindre.


(2) Tânia, L'Oyster River, Brésil, 03/10/2009 :

Bonjour à tous, À mon avis, la réincarnation est notre manière de l'évolution. Une fois capté mon attention, certains souvenirs que seule la lumière de la réincarnation peut comprendre. Je pense qu'il ne faut pas se souvenir des vies passées, entre autres facteurs, de ne pas interférer avec le libre arbitre. Ce qui est appris dans un mode de réalisation est intégrée à la personnalité et l'âme, il n'est pas nécessaire de revivre certains épisodes souvent traumatisante. C'est comme une bicyclette, une fois acquises ne sont jamais oubliés. Darwin postule que tout évolue, je crois que la réincarnation comme notre chemin d'évolution spirituelle pour arriver à des moyens nous ne pouvons pas encore imaginer.


(1) Michel B., Mont-roc, le 30/09/2009 :

Quel est le but de la réincarnation ? Ou, quel serait le but de la réincarnation ?

Cette question ne peut-être abordée et discuter que d’un point de vue philosophique, tant le concept dudit principe est pour le moins non tangible. Que l’on soit membre d’une école mystique ou autre, simple chercheur d’une vérité potentiellement à porté de chacun, ou matérialiste dur et pur, il me semble que la question de la réincarnation a de tout temps fait l’objet de commentaires extraordinaires et d’un autre côté, au fond de soi, d’une grande sagesse !

Tous, n’avons-nous pas rêvé, jeune ou moins jeune, d’être immortel ? Ce sentiment est quelque peut très proche du concept de la réincarnation, puisque si l’on considère que seul, l’âme se réincarne dans un corps physique, et ce, indéfiniment… à nous de décider, en accord avec les lois divines, de mettre fin à ces cycles !

Comment ne pas penser un instant aux simples cycles de la nature quand aux arbres qui renaissent chaque printemps ! Ont-ils une âme ? Sont-ils si différent des humains, pour que seul ces végétaux revivent ? Sans pour autant nous considérer au dessus des éléments, il faut quand-même se rendre à l’évidence que chaque plan est en soi une conception d’éternité ; Le minéral est là depuis des millénaires, il se transforme mais reste un minéral, le végétal, je viens d’y faire allusion il y a un instant, quand à celui des animaux, qui peut affirmer qu’ils n’ont qu’une vie unique ! Ainsi considéré, les cycles ou incarnations fond parties de l’évolution en général et montre aux être doué de conscience, de l’omniscience d’une puissance qui nous dépasse mais que l’on perçoit au fond de soi.

S’il faut chercher un but à l’incarnation, il me semble que le terme choisi est « La prise de conscience » Faire l’expérience de l’incarnation sont les prémices d’une bonne réincarnation, à savoir : Aujourd’hui est ce que tu seras demain. La loi de l’évolution est une longue histoire, une belle histoire… En tant que but, la simple idée d’y croire engendre en moi un apaisement de l’intellect, ce n’est pas si mal, au vu d’un monde si troublé.

Et si je me réincarnais en Dieu…

 

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