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Questions Réponses : 3. La philosophie rosicrucienne

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Thèmes des questions

1. Structure et nature de l'A.M.O.R.C.   2. L'enseignement rosicrucien
3. La philosophie rosicrucienne             4. A.M.O.R.C. et concepts "religieux"
5. Mysticisme rosicrucien                     6. A.M.O.R.C. et problèmes de société


   3. – La philosophie rosicrucienne

En raison même de leur philosophie, les Rosicruciens n’ont-ils pas tendance à s’écarter des réalités matérielles ?

Pour les Rosicruciens, le monde matériel est le cadre dans lequel ils s’évertuent à appliquer les enseignements de l’Ordre, afin d’œuvrer au service du bien et de rendre leur vie quotidienne plus conforme à leurs espérances. Ce monde est pour eux le laboratoire grâce auquel ils peuvent connaître les expériences nécessaires à leur évolution spirituelle. Plutôt que de s’en écarter, ils en font au contraire un domaine constant d’application.

L’A.M.O.R.C. prône la tolérance et l’altruisme. Dans cet ordre d’idée, quelle est sa conception de la “loi d’amour”, à laquelle se réfèrent de nombreux mystiques ?

L’un des plus beaux exemples de la “loi d’amour” est donné par les parents envers leurs enfants. En principe, cet amour inné est d’autant plus puissant qu’il est spontané, total et désintéressé. Cela dit, il inclut également la fermeté et la rigueur lorsque cela est nécessaire. En ce sens, aimer ne veut pas dire céder à la sensiblerie ou tout tolérer, auquel cas cela s’apparente à du laxisme ou à de la faiblesse. En dernière analyse, l’idéal pour un mystique est d’apprendre à considérer son prochain comme une extension de lui-même et à exprimer dans son comportement l’idée qu’il se fait de l’Amour divin.

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Les Rosicruciens doivent-ils adopter un mode de vie particulier ?

Aucun mode de vie particulier (végétarisme, abstinence, méditation intensive, etc.) n’est imposé aux Rosicruciens. De plus, ils n’ont pas à suivre les ordres et les directives d’un quelconque gourou. Au contraire, dès le début de leur affiliation, il leur est recommandé de n’écouter que la voix de leur propre conscience et de la considérer comme leur seul Maître. De même, il leur est demandé de toujours demeurer un “vivant point d’interrogation” et de n’accepter dans les enseignements que ce qu’ils peuvent se démontrer à eux-mêmes.

Soucieux de respecter la liberté de chacun, l’Ordre ne fait que proposer ses enseignements qui sont totalement impersonnels ; jamais il ne les impose. En cela, le but du Rosicrucianisme est davantage d’amener ses membres à se poser des questions qu’à leur apporter des réponses catégoriques sur les sujets étudiés. À cet égard, il est dépourvu de tout dogmatisme et de tout sectarisme.

Un Rosicrucien affilié depuis plusieurs années à l’Ordre est-il représentatif de la philosophie rosicrucienne ?

La valeur des enseignements rosicruciens réside essentiellement dans leur application, car leur seule compréhension intellectuelle ne suffit pas. Par ailleurs, chaque membre a sa propre personnalité et ne possède pas le même niveau culturel et spirituel au moment de son affiliation. Le nombre d’années passées dans l’Ordre a donc une valeur relative et n’est pas nécessairement représentatif de la philosophie rosicrucienne. Hélas, il arrive même que des Rosicruciens déjà anciens aient un comportement non conforme à ce qui est attendu d’eux. Cela dit, on peut espérer qu’un membre de longue date manifeste un certain idéal de comportement dans sa vie quotidienne.

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Quelle est la définition rosicrucienne du bonheur ?

Nous pouvons considérer que le bonheur est l’état de conscience qui résulte d’un équilibre parfait entre la satisfaction des besoins légitimes du corps et celle des aspirations les plus pures de l’âme. C’est pourquoi il est impossible d’être heureux si l’on se consacre exclusivement à la spiritualité, ou inversement si l’on mène une vie purement matérialiste.

Comment les Rosicruciens conçoivent-ils la souffrance ?

Tout d’abord, précisons que les Rosicruciens ne considèrent pas que la souffrance est une nécessité pour évoluer spirituellement ou se rapprocher de Dieu. L’idéal est même de ne jamais en faire l’expérience, ce qui est pratiquement impossible en raison même de la condition humaine actuelle. Cela dit, le fait de souffrir induit souvent des prises de conscience positives pour l’évolution spirituelle de la personne concernée et la conduit à relativiser les autres problèmes de l’existence, notamment ceux qui sont de nature purement matérielle. Quoi qu’il en soit, tout doit être fait pour soulager ceux qui souffrent, que ce soit physiquement ou mentalement.

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La philosophie rosicrucienne semble présenter de nombreux points communs avec le Bouddhisme. Est-ce exact ?

En raison de son origine, de sa nature et de son but, l’A.M.O.R.C. n’est pas et n’a jamais été une religion. Cela dit, il est vrai que ses enseignements intègrent certaines doctrines majeures du Bouddhisme, notamment le karma et la réincarnation. S’il en est ainsi, c’est parce que le Bouddhisme lui-même est davantage une philosophie qu’une religion. D’autre part, le Rosicrucianisme est une synthèse entre les traditions orientales et occidentales.

D’un point de vue rosicrucien, comment explique-t-on la crise que le monde vit actuellement et quels sont les remèdes philosophiques à appliquer pour y mettre fin ?

L’histoire est un éternel recommencement, en ce sens que l’humanité connaît périodiquement des crises qui constituent autant d’épreuves évolutives. Nous vivons dans un monde où le matérialisme prédomine, entraînant tous les maux que nous connaissons. D’un point de vue rosicrucien, il est évident que la seule manière de surmonter la crise actuelle consiste à revenir aux valeurs essentielles de la vie : l’amour, la solidarité, la fraternité et, plus que jamais, la spiritualité, au sens le plus noble de ce terme. À ce sujet, rappelons la célèbre déclaration d’André Malraux : « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas ».

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Quelle importance les Rosicruciens accordent-ils aux pensées positives ?

Que nous en ayons conscience ou non, nos pensées sont de nature vibratoire et agissent constamment sur nous et sur notre environnement. Lorsqu’elles sont positives, c’est-à-dire lorsqu’elles sont fondées sur des idées constructives et sur de nobles sentiments, elles contribuent à notre bien-être général et attirent vers nous des situations agréables que nous pouvons assimiler au bonheur. Inversement, lorsqu’elles sont négatives, c’està-dire lorsqu’elles ont pour fondement le pessimisme, la jalousie, la méchanceté..., elles génèrent des effets de même nature et se traduisent tôt ou tard par des ennuis, des épreuves, de la malchance...

Il importe également de préciser que les pensées émises par tous les êtres humains forment des flux vibratoires qui imprègnent l’atmosphère terrestre et affectent la conscience collective de l’humanité. Lorsque ces flux deviennent trop négatifs, ils finissent par générer des tensions entre les individus et donnent naissance à des conflits, voire même à des guerres. Sachant cela, les Rosicruciens s’emploient chaque jour à diriger des pensées positives vers le monde entier, afin de neutraliser les influences négatives qui s’exercent sur lui. Ce travail particulier fait partie de l’œuvre humanitaire que l’Ordre accomplit depuis des siècles sur le plan spirituel.

L’A.M.O.R.C. parle souvent d’humanisme. Qu’entend-il par là ?

Sous l’effet du matérialisme qui prévaut depuis des décennies, le monde a évolué de telle manière que l’on a mis l’homme au service de l’économie, de la politique, de la technologie, de la science..., ce qui a contribué à “déshumaniser” la société et à la rendre encore plus matérialiste. Pour les Rose-Croix, il est évident qu’une telle dérive ne peut qu’entraîner le déclin de la civilisation à plus ou moins long terme. Il est donc impératif de (re)placer l’homme au centre de nos préoccupations, ce qui implique de (re)mettre à son service tous les domaines de l’activité humaine et non l’inverse, comme c’est le cas depuis trop longtemps. C’est précisément ce que l’A.M.O.R.C. entend par « humanisme ». Ajoutons qu’un tel idéal de société semble indissociable de la spiritualité, car c’est dans les aspects les plus positifs de l’âme humaine que résident les valeurs qui le rendent possible.

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