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Questions Réponses : 5. Mysticisme rosicrucien

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Thèmes des questions

1. Structure et nature de l'A.M.O.R.C.   2. L'enseignement rosicrucien
3. La philosophie rosicrucienne             4. A.M.O.R.C. et concepts "religieux"
5. Mysticisme rosicrucien                     6. A.M.O.R.C. et problèmes de société


   5. – Mysticisme rosicrucien

Que signifie le mot « mysticisme »  ?

Le mot « mysticisme», auquel on donne souvent un sens péjoratif, est issu du mot grec « musticos », qui signifie « étude des mystères de la vie ». Il n’a donc pas de connotation religieuse ou occulte. Pour les Rosicruciens, ce mot revêt un sens à la fois théorique et pratique. Au niveau théorique, il correspond à l’étude des lois qui régissent l’univers, la nature et l’homme. Au niveau pratique, il représente l’application de ces lois, afin de rendre sa vie plus heureuse et de s’épanouir pleinement sur les plans physique, mental et spirituel.

On dit souvent que le « hasard n’existe pas». Qu’en pensent les Rosicruciens ?

Les Rosicruciens pensent également que le « hasard n’existe pas », dans la mesure où ce qui arrive aux hommes est généralement l’effet de causes qu’ils ont eux-mêmes créées. Sur un plan individuel, il faut reconnaître également que notre existence est conditionnée par des événements qui résultent pour la plupart de ce que nous avons pensé, dit ou fait. À cela s’ajoute le fait que l’on connaît parfois des situations faisant intervenir ce que l’on appelle traditionnellement la « Divine providence ». Dans cet ordre d’idée, Einstein aimait à dire : « Le hasard, c’est le sentier que Dieu emprunte lorsqu’Il veut rester anonyme ».

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Que pense l’A.M.O.R.C. du spiritisme ?

Avant de répondre à cette question, il faut d’abord préciser qu’il existe deux grands courants spirites :

— le premier nie la réincarnation et enseigne que l’“esprit” des défunts rejoint le monde spirituel après la mort et y demeure pour l’éternité. En vertu de ce principe, les partisans de ce courant spirite considèrent que l’on peut, par des évocations collectives ou par l’intermédiaire d’un médium, contacter l’“esprit” de personnes ayant vécu il y a plusieurs siècles. Si l’on croit à la réincarnation, cela n’est pas possible, car ces “esprits” se sont réincarnés depuis. Il ne peut donc s’agir de Jules César, Cléopâtre, Louis XVI, Marie-Antoinette, etc. Ajoutons qu’il est curieux de constater que les contacts ainsi établis le sont toujours avec des personnages très illustres. C’est à croire que les millions d’autres personnes n’ont pas d’“esprit” ou qu’elles se refusent à tout contact.

— le deuxième courant spirite admet la réincarnation et enseigne que les pratiques spirites permettent de contacter l’“esprit” de tous ceux qui sont dans l’attente de se réincarner. Dans le principe, une telle possibilité existe, mais la plupart du temps, les “esprits” contactés sont des entités peu évoluées qui restent très attachées à la Terre et qui occupent les plans les plus bas dans l’invisible. De ce fait, ils se prêtent volontiers

à ce genre de pratiques, car cela leur permet de maintenir un certain contact avec le plan terrestre. Le problème, c’est que de tels “esprits”, en raison de leur manque d’évolution, n’hésitent pas à mentir, à tromper et à se faire passer pour des “esprits” beaucoup plus célèbres.

En règle générale, l’A.M.O.R.C. déconseille fortement le spiritisme. En dernière analyse, les pratiques spirites n’apportent rien d’authentique et peuvent même être dangereuses sur les plans psychique et psychologique. Cela dit, il est possible de communier avec les âmes qui ne sont plus incarnées, notamment avec celles des êtres chers que l’on a bien connus. Mais une telle communion ne peut se faire qu’en s’élevant en conscience vers elles, et non pas en les faisant descendre vers nous. De plus, elle doit être individuelle et non collective.

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Quel sens les Rosicruciens donnent-ils au mot « Cosmique »  ?

D’un point de vue rosicrucien, le mot « Cosmique »  désigne l’ensemble de toutes les lois naturelles, universelles et spirituelles, c’est-à-dire l’ensemble des lois divines. Il n’est donc pas un lieu, mais un État d’ordre, d’harmonie et de permanence. Employé en tant qu’adjectif, ce mot est synonyme d’« universel ».

Qu’enseigne l’A.M.O.R.C. à propos du karma ?

Le karma, que l’on appelle également « loi de compensation », est la doctrine qui énonce que notre vie quotidienne est conditionnée par la manière dont nous appliquons notre libre arbitre. Autrement dit, c’est le principe selon lequel « chacun récolte ce qu’il sème ». En vertu de ce principe, la plupart des problèmes et des épreuves que nous rencontrons dans notre existence sont dus à des erreurs de jugement ou de comportement de notre part, ces erreurs pouvant d’ailleurs remonter à des vies antérieures. Inversement, ce que nous connaissons en termes de bonheur et de chance résulte du fait que nous le méritons karmiquement. À cet égard, le karma peut être aussi bien positif que négatif.

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Est-ce que toute épreuve est d’origine karmique ?

En premier lieu, il est important de comprendre que le karma est le fondement de notre évolution spirituelle, en ce sens que notre vie est un enchaînement permanent de causes et d’effets, la plupart étant liés à l’application de notre libre arbitre. Cela dit, s’il est vrai que tout karma négatif se traduit tôt ou tard par une épreuve équivalente, toute épreuve n’est pas nécessairement d’origine karmique. En effet, il est impossible de vivre sur Terre sans être confronté à des problèmes divers, certains pouvant être éprouvants sans pour autant résulter de notre comportement passé.

En définitive, il importe peu de savoir si une épreuve est effectivement karmique ou non, car cela risquerait de nous culpabiliser inutilement. Lorsqu’elle se présente à nous, plutôt que de spéculer sur son origine, il vaut beaucoup mieux l’affronter corps et âme, avec la conviction intérieure qu’elle peut être surmontée. De cette manière, nous en faisons une expérience utile à notre évolution spirituelle. En dernière analyse, le karma lui-même correspond à une loi évolutive et non à un principe punitif, son but fondamental étant de nous faire prendre conscience de nos erreurs et de nous guider sur la voie du Bien.

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Les Rosicruciens croient-ils à la réincarnation ?

La réincarnation a toujours fait partie des enseignements de l’Ordre, mais elle ne constitue en aucun cas un dogme. Ainsi, il y a des Rosicruciens qui n’admettent pas cette doctrine pour des raisons personnelles. Cela ne les empêche nullement de progresser sur le plan intérieur, car ce ne sont pas vraiment les croyances ou les convictions de chacun qui importent dans ce domaine, mais les efforts qu’il déploie pour se parfaire et agir comme doit le faire un mystique digne de ce nom.

D’un point de vue rosicrucien, le but de l’homme est d’évoluer vers l’état de Perfection totale ou relative qu’ont manifesté sur Terre certains Maîtres et Initiés. En vertu de ce principe, il paraît évident qu’un tel but ne peut pas être atteint en une seule vie. Il doit donc se réincarner aussi longtemps qu’il est imparfait dans ses jugements et son comportement. Dès lors qu’il est devenu parfait, il n’est plus dans l’obligation de revivre sur Terre et demeure en tant qu’âme dans l’invisible, participant directement au Plan divin. On retrouve d’ailleurs ce concept dans le Bouddhisme.

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Quelle différence y a-t-il entre la réincarnation et la métempsycose ?

La réincarnation est basée sur le fait que l’âme de tout être humain évolue de vie en vie en renaissant chaque fois dans le corps d’un enfant. En vertu de cette loi, tout individu se réincarne dans le règne humain aussi longtemps qu’il n’a pas atteint la Perfection, but ultime de son évolution spirituelle. Quant à la métempsycose, qui est une doctrine que l’on trouve surtout dans l’Hindouisme, elle énonce que l’âme humaine peut se réincarner dans le corps d’un animal, le plus souvent pour expier le mal qui a été commis dans une vie passée.

Au regard de la philosophie rosicrucienne, la métempsycose correspond à une croyance erronée, car elle laisse supposer qu’un être humain peut régresser dans un règne inférieur, ce qui est en contradiction avec la loi d’évolution. Comme cela est expliqué dans les enseignements de l’Ordre, l’âme humaine peut stagner momentanément sur le sentier qui doit la mener vers la Perfection, mais elle ne peut involuer au point de revivre les expériences propres aux animaux, et encore moins aux végétaux.

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Peut-on se rappeler nos incarnations passées ?

Oui, mais difficilement et en partie seulement. À ce sujet, on ne peut que déplorer que tant de “gourous”, moyennant finances, affirment pouvoir faire régresser quiconque dans ses vies antérieures. C’est à la fois mensonger, malhonnête et dangereux.

Qu’enseigne l’A.M.O.R.C. au sujet de la quatrième dimension ?

Comme chacun sait, il existe trois dimensions fondamentales pour décrire le monde matériel et tout ce qu’il contient, en l’occurrence la longueur, la largeur et la hauteur, que l’on assimile parfois à l’épaisseur. Cela dit, les Rosicruciens ont toujours considéré que ces trois dimensions ne suffisent pas à définir la nature des choses. À titre d’exemple, le fait de savoir qu’une règle a 30 cm de longueur, 2 cm de largeur et 2 mm d’épaisseur ne permet pas de dire en quelle matière elle est faite. Est-ce en bois, en plastique, en fer ? C’est pourquoi les enseignements rosicruciens se réfèrent souvent à une quatrième dimension, qui n’est autre que la fréquence vibratoire des objets et des corps matériels. Dans la plupart des cas, cette fréquence peut être mesurée à l’aide d’appareils scientifiques sophistiqués. Dans d’autres, elle ne peut être perçue qu’au moyen des facultés de l’âme et doit être considérée alors comme un état de conscience ou un phénomène extra-sensoriel.

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Les Rosicruciens considèrent-ils l’alchimie comme une science ?

L’alchimie est un art et non une science, en ce sens qu’elle correspond à un processus qui comporte une grande part d’incertitudes, tant au niveau de la méthode employée que des résultats obtenus. Comme chacun sait, son but est de transformer les métaux vils en or au moyen d’une transmutation qui se déroule en plusieurs étapes. En outre, il semblerait que cet art, qui fut surtout pratiqué au Moyen-Âge, ne soit plus en usage de nos jours. Quant aux Rosicruciens actuels, ils s’adonnent plutôt à l’alchimie spirituelle, laquelle consiste à travailler sur eux-mêmes pour transmuter chacun de leurs défauts en sa qualité opposée.

D’où proviennent les âmes selon les enseignements rosicruciens ?

Au regard de l’Ontologie rosicrucienne, tout l’univers est imprégné d’une Âme universelle, appelée « Atman »  dans l’Hindouisme. Or, l’âme qui anime tout être humain est une émanation de cette Âme universelle, qui est parfaite en essence. Le but de notre évolution spirituelle est précisément de prendre conscience de cette perfection virtuelle et de l’exprimer à travers nos pensées, nos paroles et nos actions.

Quelle est l’origine de la conscience ?

L’A.M.O.R.C. enseigne que la conscience est un attribut de l’âme et non pas le produit du cerveau. Certes, elle utilise cet organe pour s’exprimer à travers nos différents processus mentaux, mais elle possède des facultés qui transcendent nos fonctions purement cérébrales. À titre d’exemple, l’intuition ne prend pas sa source dans le cerveau, mais dans l’âme elle-même. C’est ce qui explique pourquoi elle ne fait pas appel au raisonnement et peut concerner des événements qui ne se sont pas encore produits. On parle alors de prémonition.

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Quelle est la conception rosicrucienne du temps ?

D’un point de vue rosicrucien, le temps n’est pas une réalité matérielle, en ce sens qu’il est impossible de le percevoir en tant que phénomène. Dans l’absolu, il est un état de conscience. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer ce qui se produit lorsque nous dormons d’un profond sommeil : les heures s’écoulent au même rythme que lorsque nous sommes éveillés, mais nous n’en sommes pas conscients objectivement. Inversement, un rêve de quelques minutes nous fait vivre des événements “intérieurs” dont la durée nous semble infiniment plus longue. Par ailleurs, chacun sait que le temps “passe vite” lorsqu’on est très occupé et qu’il n’en “finit pas de s’écouler” lorsqu’on s’ennuie ou que l’on fait quelque chose de déplaisant.

Ces quelques exemples montrent que le temps recouvre une notion relative qu’on ne peut réduire à des données numériques. Cela dit, que nous le voulions ou non, il fait partie intégrante de la condition humaine et exerce une grande influence sur notre vie quotidienne. C’est pourquoi il ne serait pas raisonnable de le considérer uniquement comme une illusion et de se comporter comme s’il n’existait pas. On peut néanmoins regretter la course effrénée que l’on mène contre lui et l’obsession des hommes à vouloir le rentabiliser, car cela se fait au détriment de la qualité de vie et des relations humaines.

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